Les 5 piliers du zéro déchet en application

by - 10/05/2018

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Refuse, reuse, recycle, rot. En français : refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter. Voici les 5 piliers du zéro déchet annoncés par Béa Johnson et relayés par tous les blogs écolos. C'est un mantra que je mets en pratique tous les jours (ou presque). Bien que tout le monde les connaisse, je me suis dit que j'avais envie de vous en parler avec mon retour d'expérience. Les réussites et les loupés, parce que cette philosophie est propre aux personnes soucieuses de leur impact, pour les autres ça veut dire tout autre chose. 5 piliers, 5 épreuves.
  • REFUSER : le premier pilier du zéro déchet c'est de REFUSER tout ce dont on n'a pas besoin. Sacs plastique, sachets en papier, échantillons,  cadeaux... Refuser, c'est dire NON. Ce n'est déjà pas simple, mais en plus vous pouvez offensez la personne en face de vous. OUI JE LE DIS OUVERTEMENT ! C'est bien beau de dire "oui il faut expliquer la démarche" mais parfois on ne peut pas, ça va trop vite, le mal est fait. Par exemple, à la conférence de Béa Johnson à laquelle j'ai participé l'année dernière, un participant a voulu faire un cadeau (un tote bag) à Béa. J'étais juste à côté, quand je l'ai vu s'avancer et dire "Tenez Béa, un cadeau pour...", j'ai voulu crier (au ralenti vous savez) "noooon ne fais pas ça". Et en effet, Béa a refusé car elle n'avait pas besoin d'un tote bag. Bien qu'on comprenne la démarche, que ce soit noble etc, c'est un râteau. Et c'est pareil quand je refuse un sac pour mon pain ou alors que je tends mon contenant pour acheter un aliment. Ça perturbe la personne en face. Certains sont complètement en phase et comprennent tout de suite mais 6 fois sur 10, vous allez voir dans le regard de la personne que vous passez de gentil client à gros casse-couille. 
Conclusion : ce n'est pas simple mais c'est important ! Le sacrifice de l'éducation au zéro déchet est de potentiellement passer pour un relou. Si nous refusions TOUS ce dont nous n'avons pas besoin au lieu de juste faire bonne figure (accepter un flyer et le jeter dans la première poubelle), nous réduirions beaucoup de ressources utilisées inutilement. Car il faut le dire, beaucoup de choses sont fabriquées uniquement pour être jetées. 

  • RÉDUIRE : l'idée est de calmer sa consommation de choses matérielles. C'est valable pour tout : les fringues, les CDs, la nourriture, TOUT ! C'est LE pilier qui fait du bien (selon moi) (minimalisme). Après avoir dit NON aux autres, on apprend à se connaître soi-même. Choisir, c'est renoncer. Réduire, c'est choisir tous les jours et affiner notre expérience de la vie. Quand je vais faire du shopping (plutôt du lèche-vitrine), j'achète beaucoup moins qu'avant, voire pas du tout. Mais je "note" (dans ma tête) ce que j'aurai acheté (si je n'étais pas dans cette démarche). À la fin de la journée, j'y repense (quand je n'ai pas complètement oublié) et je me rends compte que je ne voulais rien au fond de moi, car je n'avais BESOIN de rien. 
Conclusion : réduire, c'est apprendre à ne pas transformer une envie en besoin. Vous avez envie d'une nouvelle robe, mais en avez-vous besoin ? C'est aussi découvrir et décortiquer ce sentiment éphémère de plaisir que nous accorde une nouvelle possession. C'est aussi valable pour les consommables : j'ai envie d'un beignet au chocolat mais je n'en ai pas besoin. Cela ne flingue en aucun cas le principe de "se faire plaisir", il le rend moins courant et donc plus appréciable. Vous me suivez ? C'est une forme de sobriété. Un peu comme l'alcool, à consommer avec modération. Il faut TOUJOURS TOUT consommer avec modération. 

  • RÉUTILISER : quand quelque chose est cassé ou abîmé, on jette cette chose. Sauf que le fait de réduire rend vos possessions plus précieuses et surtout vous allez développer un certain malaise à jeter des ressources inexploitées. Exemple : vos brouillons d'imprimante. Le verso est blanc comme neige. Le jeter c'est jeter ouvertement une ressource. Avant, j'étais la première à apprécier le plaisir d'écrire sur une feuille neuve, mais ce n'est plus possible aujourd'hui. Ça me met mal à l'aise. Aussi parce qu'après avoir lu un livre sur Robert Desnos, j'ai appris que lorsqu'il était en camp de concentration, il ne pouvait plus beaucoup écrire car il n'avait pas de papier. Imaginez une seconde, ne plus pouvoir écrire, car vous n'avez pas de papier. Autre exemple : mes sous-vêtements. Je les garde le plus longtemps possible et je les rapièce quand il y a un trou. Est-ce que ça se voit ? Est-ce que ça fait pauvre ? Qui s'en fout ? Moi ! 
Conclusion : réutiliser est pour moi un acte altruiste envers les efforts fournis pour produire l'objet que vous avez entre les mains. La personne qui l'a fabriqué, l'arbre qui a été utilisé pour faire le papier, il faut penser à l'histoire des objets qui nous entourent. Ça apprend aussi à cogiter : comment faire pour que ça dure plus longtemps ? Qu'est-ce que je suis capable de faire pour transformer cet objet "à jeter" en objet "à garder" ?

  • RECYCLER : ce pilier est important dans votre façon de consommer. Dans l'alimentation, par exemple, l'idée va être de choisir des emballages recyclables quand il n'est pas possible d'acheter en vrac (le premier pilier d'ailleurs inclut de REFUSER les emballages en achetant en vrac). Le verre ou le carton à la place du plastique ! Et une fois à la maison, on fait attention de mettre les bons matériaux dans la bonne poubelle. Chaque ressource peut-être revalorisée. Attention, le verre peut être recyclé à l'infini, le carton plusieurs fois et le plastique a seulement 2 ou 3 cycles de vie (ne vous laissez pas avoir par le plastique). 
Conclusion : recycler c'est simple mais ce n'est pas une évidence pour tout le monde. La meilleure façon de se sensibiliser est d'aller visiter les usines de traitement des ordures de votre ville. C'est ce que j'ai fait à Saint-Malo et maintenant dès que je créé un vrai déchet (non recyclable), je connais son sort et je sais que ce n'est pas propre pour la planète. 

  • COMPOSTER : un jour, j'aurai un jardin. Un jour, je pourrai avoir un composteur. En attendant, j'ai un bokashi, mais sans jardin, ce n'est pas vraiment la meilleure solution. Il faut savoir que jeter ses déchets organiques à la poubelle ce n'est pas "si sale" que ça (bien que je ne le fasse plus). Si nous ne produisions que des déchets organiques, nous n'aurions aucun problème à ce qu'un camion passe les prendre et en face du compost. Le problème est qu'on mélange ces "déchets" (ces engrais naturels) aux déchets non recyclables (absurdité bonjour). Si vous pouvez, composter. Ce n'est pas compliqué du tout ! Et ça, c'est VRAIMENT le meilleur geste que vous pouvez faire. 
Conclusion : il faudrait une troisième poubelle et que les villes se bougent les fesses pour valoriser nos déchets organiques. Cela passerait par une énorme éducation MAIS ce n'est pas impossible. J'y crois ! En attendant, trouvez la méthode qui vous va le mieux, avec ou sans jardin. Sachez en tout cas que vos épluchures de pomme ne sont pas des déchets, c'est un engrais, c'est une ressource et une richesse ! 

Voilà pour ce petit rappel des 5 piliers du zéro déchet. N'hésitez pas à partager avec moi votre vision de ces piliers, ça m'intéresse toujours et ça m'ouvre l'esprit. Parfois, nous avons des expériences différentes et c'est important de les partager pour pouvoir les repartager. 

xx

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10 commentaires

  1. J'essaie de suivre ces 5 piliers tous les jours :) C'est sûr qu'il est parfois dur de refuser surtout quand on nous met le produit dans les mains mais pour les sacs, je trouve que les gens comprennent de plus en plus.
    Belle journée
    Laurie
    http://onlylaurie.fr/

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    1. Oui, c'est de "faire marche arrière" parfois le plus compliqué. Une fois on m'avait donné un échantillon, je suis partie et je suis revenue pour le rendre à la personne. Je te raconte pas comment on m'a regardé, genre la folle ! ahah

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  2. Merci pour ton article. J'avais envie de lire le livre de Béa Johnson depuis longtemps, mais là, tu me fais un résumé avec ton retour, très appréciable! ;-) Je pense que c'est une éducation aussi mais moi je me souviens quand j'avais envie d'acheter quelque chose, je le mettais sur une liste. Je regardais la liste, 3 semaines, 6 mois après, 1 an etc...pour voir si j'avais toujours envie du produit. Et bien souvent, on élimine plein d'objets ainsi (bon ok, pdt les soldes, c'est compliqué!). Pour la réutilisation, je pense que tout le monde a des efforts à faire. Surtout quand je vois le gâchis du papier dans les bureaux...la tentation est souvent grande de s'acheter "un joli carnet" quand on aime écrire. Bonne semaine

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    1. Merci amélie !
      Il FAUT lire le livre de Béa Johnson, c'est passionnant :)
      Ta technique est excellente, ça permet de se rendre compte de la différence entre envie et besoin...

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  3. Moi, j'ai un petit lombricomposteur qui rentre dans ma cuisine (et les vers sont nos nouveaux colloc')

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  4. Je rappelle qu'encore une fois, ce n'est pas difficile mais ce sont de nouvelles habitudes à inclure dans notre quotidien.
    Depuis longtemps, j'ai ce réflexe en tête pour le shopping "en as-tu vraiment besoin ou juste envie ?" : c'est tout bête à l'écrit mais d'une personne à l'autre, la notion de besoin va varier. Exemple : une personne qui bosse en restauration a vraiment besoin de plusieurs robe/jupe/chemises noires. Moi non ;)

    Pour le papier : je te rejoins tellement ! Chaque enveloppe, brouillon, papier à moitié utilisé est recyclé pour prendre des notes/faire une liste de course (quand je ne la fait pas sur le téléphone pour économiser du papier). On l'a toujours fait à la maison. Bravo pour l'exemple percutant que tu donnes sur le déporté !

    Pour le compost, j'avais soumis l'idée à mon mec, même si nous n'avions pas de jardin. J'ai proposé aux voisins qui ont des poules mais ils ne "veulent pas de mes épluchures car elles ne mangent que des graines"... et mon mec a dit qu'on attendrait d'avoir un jardin (en gros, je pense qu'il veut y aller par étapes ^^)

    Pour les objets à recycler, on essaie au maximum. Dernier exemple en date, j'ai démonté mon sèche linge qui ne fonctionnait plus très bien. Je dois changer une résistance et pas changer de sèche-linge. En attendant, je fais sécher dehors et c'est très bien. Je sais juste qu'en hiver, il me faudra à nouveau un sèche linge pour les grosses pièces car à 5, je dois quand même laver +...

    Pour ce qui est de refuser, je valide aussi évidemment. Je trouve que c'est là qu'il y a le plus de travail à faire, où on doit le plus sensibiliser les gens qui ne se rendent pas compte de tous les emballages qu'on produit, tout ce qu'on jette et qui ne sert à rien,... A nous aussi de prendre les bons réflexes.

    Bises Manon et bravo pour ce bon article qui rappelle les bonnes règles.

    Manon

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  5. Encore un super article. J'ai commencer à lire le livre de bea mais barbant j'ai arrêté. Elle a l'air tellement parfaite. Sinon j'ai été une fois à un day by day. J'ai refusé sa carte de visite. J'étais fière 😉

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  6. Tu connais la méthode BISOU?
    Besoin ou envie?
    Immédiat ou ca peut attendre?
    Semblable déjà à la maison?
    Origine éthique?
    Utile ou futile?

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    1. Aaaah trop cool cette technique ! Je note !

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  7. Très bon article, j'ai particulièrement apprécier la partie concernant les difficultés que l'on peut rencontrer sur "Refuser" (justement, en matière de tote bag, je commence à saturer... ^^).
    Je connaissais aussi la méthode B.I.S.O.U. proposée par Tiphaine, il me semble qu'elle est tirée du livre "J'arrête de surconsommer", que j'espère lire un jour (il faut que je le demande à ma bibliothèque municipale, elle pourra peut-être faire quelque chose pour moi).

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Merci pour vos commentaires ! C'est toujours un plaisir de vous lire. Et si vous avez une question, j'y répondrai avec plaisir :-)