lundi 23 avril 2018

comment s'auto-détruire ?

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(un oignon pourri pour illustrer cet article, quelle idée !) Oui, le titre est bien sûr ironique, cynique, tout ce que vous voulez. Mais j'ai besoin d'écrire cet article et d'exprimer l'absurdité de ce monde qui pousse à cette auto-destruction constante. Je précise que je partage ici un avis purement personnel. Je ne prétends en rien dire une vérité toute faite, d'autant plus que je pars du principe que la vérité n'existe pas. Ce sont juste des idées qui me trottent dans la tête depuis quelques semaines...

S'auto-détruire, c'est quoi finalement ? 
Se détruire soi-même, détruire ce qu'on s'évertue à faire de nous, à être. Le problème aujourd'hui est que nous vivons dans un jugement perpétuel. Tout le monde donne son avis sur tout. Pour en rajouter une couche, nous vivons dans une sorte de recherche d'approbation. Pour certains, ça vient de la petite enfance, on veut que Papa et Maman nous aiment. Pour d'autres, ça peut tout simplement venir des réseaux sociaux, on veut faire partie de la masse, on veut être aimé. Sauf que le jugement et la recherche d'approbation sont bien le mélange parfait pour être constamment insatisfait de sa personne, ce qui mène donc à... l'auto-destruction. 

Se remettre en question, c'est bien. S'écouter, c'est mieux. 
Tout le monde trouvera quelque chose à dire sur vous. Les gens ont cette fâcheuse tendance à vouloir le meilleur pour les autres et transférer ainsi leurs rêves et frustrations sur leur entourage. Si, par exemple, une personne veut que vous vous mettiez à faire du sport, cette personne sans doute aimerait elle-même faire du sport ou alors elle en fait déjà beaucoup, adore ça et donc juge que vous allez adorer ça et donc que vous devriez en faire. Vous voyez le cheminement ? Le partage a, au final, une dimension très égoïste ou narcissique. Et ce n'est pas grave ! Loin de là ! Il faut être égoïste ou narcissique pour pouvoir s'aimer (tant qu'on rentre pas dans la pathologie) et aimer les autres. Par contre, si vous prenez de but en blanc le fait qu'on veut que vous fassiez du sport, vous allez l'interpréter selon votre situation : vous devez perdre du poids, ou vous êtes feignant, etc... Ce qu'il faut prendre des autres, c'est justement une part d'eux et non pas s'imprégner d'eux. Ça permet de se remettre en question de temps en temps, de s'ouvrir l'esprit. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que la seule personne à savoir ce qui est bon pour vous, c'est vous ! Avez-vous envie de faire du sport ? Oui ou non. Si vous n'en faites pas, vous n'allez pas mourir ou devenir moche et gros, malgré ce que la société cherche à nous faire croire. Si vous en faites, c'est que vous le désirez et que ça vous fait du bien. 

Le principe de la culpabilité
Parce que le résultat final est la culpabilité. Nous vivons aujourd'hui autour de deux principes : ce qui est bien et ce qui est mal. C'est bien de faire de grandes études et d'avoir un bon métier. C'est mal de faire des selfies et de se faire des tatouages. C'est bien d'avoir une maison et un emprunt à la banque. C'est mal de manger pas bio. Vous me suivez ? Sauf que cette théorie (très judéo-chrétienne) du bien et du mal est valable uniquement si on n'y accorde de l'importance et si on laisse les autres émettre leur jugement. Le bien et le mal, c'est un truc de religion. C'est quelque chose qui permet de canaliser l'homme dans ses décisions. C'est plutôt pertinent quand il s'agit de respecter les autres, de ne pas blesser, tuer, nuire... Mais c'est complètement con quand il s'agit d'une morphologie, d'une couleur de cheveux ou d'un choix de vie. 

Comment s'auto-détruire ?
Pour répondre à ma question initial, la meilleure option est : faites quelque chose qui vous semble bon pour vous, faites quelque chose que vous aimez. Ensuite, laissez les gens et la société juger vos actes. Il sera "pas assez bien" ou carrément "mal". Vous allez ensuite vous remettre en question, culpabiliser et finir par... douter ! Bravo, vous êtes sur le chemin parfait de l'auto-destruction. 

C'est quoi le fin mot de l'histoire ?
Je sens que je vous perds. Je me perds aussi. Ce que je veux dire, c'est qu'au lieu de regarder votre nombril, ou celui des autres, regarder juste devant vous. Rien n'est grave tant que votre santé ou celle des autres n'est pas en danger. Ne laissez personne dire si ce que vous faites c'est bien ou c'est mal. Et si vous doutez encore, allez dans un musée d'art contemporain. Vous trouverez forcément un artiste qui fait n'importe quoi, et c'est là que vous vous direz : "dire que c'est dans un musée". Et pourquoi pas ? Nous sommes tous différents, avec des goûts différents, avec des envies différentes, avec des personnalités différentes, avec un ADN différent, avec un corps différent... ET POURTANT... On croit toujours qu'on doit être tous les mêmes ! 

Je finirai avec cette citation que j'ai lu dans un livre récemment de Susanna Tamaro (Va où ton coeur te porte) : "Avant de juger une personne, marche pendant trois lunes dans ses mocassins."

xx

7 commentaires:

  1. Hello Manon ! Super cet article, il pousse à réfléchir sur l'importance que l'on peut donner aux avis des autres, à la direction que l'on devrait prendre pour rentrer dans les cases considérées comme idéales. En tout cas, ton article met en avant une réflexion très intéressante sur l'importance de s'écouter d'abord. Parce qu'après tout, chacun sa paire de mocassins :)

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    1. Merci Clarisse pour ton commentaire !
      Et comme tu dis, chacun sa paire de mocassins ;)

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  2. Un article qui pousse à la réflexion effectivement... Nous sommes aujourd'hui dans une quête insatiable de bonheur. En effet, nos besoins vitaux étant comblés, le désir prend un place plus importante. Désir d'être aimé, d'avoir plus et encore plus, de consommer, désir d'être heureux à tout prix. A force, nous rejetons les émotions vitales comme la peur, la colère, le stress ou la tristesse. Trop péjoratives dans notre société feel good. On prône l'éducation positive également pour satisfaire cette recherche de perfection. Mais malgré toute cette bonne volonté, on continue de douter et de culpabiliser...

    Et alors je te rejoins, il est important de se connaitre afin de connaitre nos besoins, nos envies tout en se protégeant des pressions extérieures. S'écouter et se respecter :)

    A bientôt,
    line
    https://la-parenthese-psy.com/

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    1. Oui tu as tout à fait raison, il y a une véritable injonction au positif et au bonheur...

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  3. Coucou Manon,

    J'ai récemment lu Big Magic de Elizabeth Gilbert, je l'ai beaucoup aimé, notamment un passage "Nobody's Thinking About You" qui raisonne fortement avec ton article:

    "We all spend our twenties and thirties trying so hard to be perfect, because we are worried about what people will think of us.
    Then we get into our forties and fifties, and we finally start to be free, because we decide that we don't give a damn what anyone thinks of us.
    But you won't be completely free until you rich your sixties and seventies, when you finaly realize this liberating truth - nobody was ever thinking about you, anyhow.

    People are mostly just thinking about themselves. People don't have time to worry about what you're doing.
    People's attention may be drawn to you for a moment (if you succeed or fail spectacularly and publicly, for instance), but that attention will soon enough revert right back to where it's always been - on themselves.

    You are free, because everyone is too busy fussing over themselves to worry all that much about you.

    Go be whomever you want to be, then.
    Do whatever you want to do.
    Pursue whatever fascinates you and brings you to life.
    Create whatever you want to create - and let it be stupendously imperfect, because it's exceedingly likely that noboby will even notice.
    And that's awesome."


    Pardon, c'était un peu long mais ce passage m'a tellement marqué, c'est d'une évidence folle!
    Vivons pour nous et aimons nous bordel !!! ❤️

    Pleins de bisous,

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    1. Ah excellent, je l'ai lu il y a quelques temps maintenant et j'avais oublié ce passage très pertinent en effet ! Merci pour ce petit reminder !!!

      Bisous !

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  4. Merci pour cet article criant de vérité Manon.

    J'ai jamais été la femme sûre d'elle (je suis jeune trentenaire), mais je faisais mon petit bout de chemin.

    Depuis que je suis séparée du papa de mes enfants depuis 3,5 ans (elles ont 9 ans et bientôt 4 ans), c'est une autre paire de manche.

    Je suis femme, maman, amie et je gère mes enfants 80% du temps. J'ai du mal à bien identifier mes envies, et Instagram (addiction Bonjour) est le temple de la perfection.

    Même si j'arrive à faire la part des choses avec les images qu'on y publie, ça suscite tellement d'envie :
    "oh elle a le temps de faire du sport / pilates / yoga"
    "oh ils ont la chance d'aller là bas, j'adorerais y aller"
    "oh elle gère super bien son quotidien"
    "oh ils sont vachement plus avancés que moi dans le naturel et zéro déchet"
    "oh elle est super câlée sur les huiles essentielles"
    "oh ils font des supers repas avec tous les amis et leur grande famille"
    .... liste non exhaustive ! Ahum !

    J'ai parfois eu un gros ras le bol, ou j'ai supprimé Insta pendant qq temps car ça en devenait oppressant. Mais en même temps, j'adore suivre des comptes comme le tiens par exemple, qui sont de vraies sources d'information / inspiration.

    Je suis maintenant une machine à doute, j'avance du mieux que je peux, j'essaye de faire des choix qui me correspondent, mais je m'y perd parfois. La faute à la société, à mon tempérament, à mes choix de vie ? Je sais pas, mais j'adorerais maîtriser l'art du lâcher prise ^^

    Comme l'a si bien dit Line, on est dans une société où la quête du bonheur fait partie de notre quotidien mais il faut déjà arriver à déterminer ce qui REELLEMENT nous fait envie et ce dont nous avons REELLEMENT besoin.

    Bonne journée :)

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Merci pour vos commentaires ! C'est toujours un plaisir de vous lire. Et si vous avez une question, j'y répondrai avec plaisir :-)