jeudi 11 janvier 2018

faut-il rigoler avec la mode éthique ?

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Cette question que je me pose aujourd'hui, alors que je n'avais absolument pas prévu de publier cet article, vient d'une émission de radio que j'ai écouté en podcast sur Europe 1. Ma copine Carole m'envoie un message et me passe l'info de cette émission : Faire les soldes tout en étant écolo et responsable, c’est possible ? YOUPI ! On parle de mode éthique et de consommer mieux sur une station à forte audience. J'enfile mes baskets et je pars faire mon footing pour en savoir plus (je n'écoute des podcasts qu'en courant). L'une des invités est Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif « Ethique sur l’étiquette ». Super cool !
J'écoute...

Et là, je trouve que ça rigole beaucoup. Un peu trop.
Je fais partie des gens qui peuvent et aiment rire de tout, mais il y a des limites (surtout quand c'est une radio à forte audience sur un sujet sérieux). 

La mode, comme le dit très justement Nayla Ajaltouni, est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Il y a des gens qui travaillent dans des conditions horribles à l'autre bout du monde pour habiller nos petites fesses. Il y a un VRAI PROBLÈME. Et ça rigole. 

La comparaison dans l'émission se fait en mode "acheter éthique, c'est comme se dire qu'on arrête la pâte à tartiner pleine d'huile de palme, au final c'est impossible". Alors comparer une catastrophe (fast-fashion) par une autre (l'huile de palme) et dire OUVERTEMENT qu'il est impossible pour nous de mettre une croix sur le Nutella... Est-ce que ce n'est pas un peu limite ? J'ai trouvé que le sujet a été abordé sans bienveillance, sans conseil concret. Nayla Ajaltouni a dit ouvertement que des marques comme Maje et Sandro sont des marques dont on ne sait rien du processus de fabrication, l'animateur n'a rien trouvé de mieux que de dire : "oh bah elles vont être contentes les marques si elles nous écoutent". Ça dérange qu'on dise la vérité ? J'ai senti que la coordinatrice du collectif « Ethique sur l’étiquette » était un peu seule contre tous et ça limitait la portée de son message

Peut-être avez-vous écouté cette émission, peut-être l'avez-vous trouvé bien... Mais je trouve que c'était encore l'occasion de tourner en dérision l'impossibilité de changer ! Non, vraiment, ce n'est pas aux consommateurs de changer car le consommateur ne sait pas. Oui, il y a un manque de transparence dans la production des vêtements MAIS il y a des tonnes d'enquêtes, d'émissions, de catastrophes qui nous mettent la puce à l'oreille ? Nous ne sommes pas des victimes de la consommation, nous faisons des victimes. 

Alors rire, c'est bien ! Mais entendre une table de gens apparemment intelligents dire que le concept de mode éthique est comme une résolution, on n'y pense un jour et le lendemain on va chez H&M : NON NON NON ET ENCORE NON ! 

Il faut faire des efforts, il faut s'informer, il faut en parler en bon intelligence et donner des solutions. 

Voilà, c'était ce que j'avais à dire. 

xx

23 commentaires:

  1. Je trouve ça dingue quand même. Lorsqu'une émission invite une personne qui défend une cause comme le veganisme, le sans sucre, le zéro déchet, la fast fashion... ça tourne systématiquement autour du "oui mais vous sa marche parce-que vous êtes un illuminé, les gens normaux ne peuvent PAS changer leur façon de consommer"
    Le journaliste est forcément impressionné et admirative par la personne mais termine toujours par dire à ses auditeurs que changer, c'est très dur, très long... et décourage au final.

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    1. Je suis tout à fait d'accord avec toi ! Comme s'il fallait chercher à déculpabiliser et protéger les "auditeurs" alors qu'en plus les gens veulent des solutions et sont près à changer !!

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  2. IL est vrai que lorsque l'on commence à prendre conscience de notre impact de consommateur, on ouvre d'autant plus les yeux sur soi mais aussi sur le comportement des autres. Et c'est un vrai crève-coeur de constater que certains s'en fichent littéralement : "quoi ? Apporter ma vieille TV à la déchetterie ?! Attends je vais pas m'em*erder, je la fous à la poubelle !"...mais c'est comme cela. C'est d'autant plus décevant quand ce sont les gens d'influence qui tiennent ce discours. Mais ce qui me réjouit, c'est que les "gens d'influence" sont en train de changer ! Les blogueurs commencent à prendre le dessus et ce sont de vrais messages qui commencent à passer. Alors courage dans ce processus du "meilleur" ! Et pour reprendre les paroles d'une chanson : "les petites choses, toujours, viennent à bout des grandes...".

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    1. Merci Nina pour ton commentaire ! Oui il y a de plus en plus de monde à prendre le bon chemin et cette émission de radio n'est rien comparé au bruit qui se propage, restons positifs !

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  3. Je n'ai pas ecouter l'emission mais je trouve ca scandaleux d'inviter quelqu'un pour parler d'un sujet serieux et d'en rigoler sans chercher a en apprendre plus. Quel dommage! :)

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    1. Oui voilà, trop de légèreté, tue la légèreté !

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  4. Dommage, une occasion ratée. Je n'ai pas écouté cette émission et je crois que cela m'aurait mis de mauvaise humeur à moi aussi. Comme Nina plus haut, je crois que c'est avec de petites choses que nous créerons le changement. Nous avons à disposition des moyens d'information et de partage que nos parents n'avaient pas, et c'est plutot par ces canaux que je note un vent de changement et d'"empowerment" des consommateurs.
    Je trouve très intéressant cependant que les médias traditionnels commencent à aborder ces sujets - je les imagine un peu à l'arrache genre "de quoi parlent les gens en ce moment". C'est un premier pas, une puce à l'oreille pour certains mais j'ai confiance.
    Ici en Italie je constate que les discussions sont très différentes de celles auxquelles je participe en France. La mode éthique, contrairement à l'alimentation responsable, est un sujet très peu abordé. Je le constate aussi avec mes amies, qui pourtant ont la trentaine comme moi!Il y a encore beaucoup à faire de mon coté, et j'attends le jour où je tomberai sur une émission de "moda etica" car ce sera tout de meme un signal <3

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    1. C'est intéressant ce que tu dis concernant l'Italie, car même en France je trouve parfois qu'il y a un écart entre le manger bio (bon pour soi) et le consommer mieux (bon pour les autres) (je dis ça grossièrement). Tant que les gens ne sont pas touchés personnellement ce n'est pas grave.

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    2. C'est vrai que je n'avais pas vu les choses sous cet angle (bon pour soi vs bon pour les autres - grossièrement comme tu dis) et c'est une bonne piste de réflexion pour comprendre comment orienter mon discours pour sensibiliser mon entourage.
      Malheureusement ici la majorité des personnes autour de moi aime la sape "à la mode" (elles consomment vraiment la mode) et les alternatives sont hyper confidentielles. Il y a seulement quelques blogueuses qui font des recherches sur la mode ethique ou bien les achats de seconde main - la seconde main est considéré "pour les pauvres" ici, cela me rend malade surtout depuis que j'ai un petit garçon dont je dois rennouveler la garde robe tous les trois mois... Bref avec une copine maman très engagèe sur ces aspects, on pense presque à lancer un concept de seconde-main sympa pour enlever l'image de naphtaline qu'ont encore les italiens à ce sujet. Il nous manque juste une seconde journée dans la journée :)
      Je me suis étendue désolée, mais pour moi c'est avant tout du bon sens et ça me rend malade de voir dans les enseignes ces tonnes de coton dejà froissées avant d'avoir jamais été portées. Ce soir j'écoute ce podcast !

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  5. Je me demande quels sont les liens derrière tout ça, pourquoi les fenêtres (type radio, télé, journaliste...) n'osent pas parler? Que se passe-t-il finalement si ils finissent par le faire?
    Ca profite à qui en fait?

    Depuis août je n'ai acheté qu'un pull chez emmaüs par besoin.
    Et pourtant je travaillais dans une grande entreprise de fast fashion jusqu'à décembre = tout le temps tenter, n'empêche que si l'on a certains principes et que l'ont veut les respecter, il ne suffit que d'acter les choses. (en l'occurence acter par un non-acte d'achat héhé !)

    Bref, petit article intéressant, je n'ai pas eu l'occasion d'écouter ce podcast :)
    Belle journée à toi !

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    1. Je pense qu'aujourd'hui les médias n'osent pas s'exprimer sur des sujets qui touchent les gens directement. Ils n'aiment pas dire FAITES CI OU CA pour changer mais plutôt VOTER CI VOTER CA pour changer... Je ne sais pas !
      En tout cas la classe ! Un seul pull depuis août et chez Emmaüs !
      Belle journée aussi !

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  6. Salut! Je viens de tomber sur ton blog et j'aime beaucoup ce que tu écris.
    Je n'ai pas écouté le podcast mais je trouve ça franchement inadmissible ce genre de comportement, ça me fait de la peine pour la personne invité c'est clairement un manque de respect.
    Je pense qu'il n'est pas impossible de changer : rien que le nutella, il existe pleins de variantes bio sans huiles de palme ! Et c'est pareil pour beaucoup de choses dans l'alimentaire. Parfois j'ai l’impression que les gens ont des œillères et qu'ils ont les mains sur les oreilles.
    Pour les vêtements, je ne sais pas trop quoi penser car je ne suis pas assez informée sur le sujet, j'ai déjà vu un documentaire ou deux sur le sujet et ça fait peur.
    Après, il y a t-il d'autres alternatives que les vêtements éthiques "hors de prix" ou les friperies ? Si tu as des infos, je suis preneuse et très curieuse d'en apprendre plus ! Je vais continuer de lire ton blog :) à bientôt !

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire Ellyura !
      Pour répondre rapidement à ta question, en fait les vêtements coûtent chers à fabriquer, c'est pour ça que la mode éthique semble hors de prix. La solution, c'est acheter moins (au lieu d'acheter 10 trucs chez H&M, tu achètes 2 trucs chez une marque éthique par exemple) ou alors acheter de seconde main, ce qui permet aussi de compenser le cout des marques de fair fashion.
      A bientôt !

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  7. Et ben heureusement que je suis sourde pour ne pas écouter ce genre de podcast ahaha ! (ps : j'entends mais je bloque sur la compréhension, c'est comme si tu allais en Chine si tu vois? c'est à dire que tu entends les gens parler chinois mais tu ne comprends pas)
    Ca fait déjà bientôt trois ans que je n'ai plus mis les pieds dans un magasin de fast-fashion, je vais avec plaisir dans les fripes, vinted, magasins type Armorlux, etc bon après le plus compliqué c'est pour le sport, ça revient chère de mixer éthique et sport... donc ce que je fais, c'est Vinted, il y a plein d'articles de sports avec étiquette donc neuf!
    Ce n'est pas impossible une mode éthique, le tout est de revoir son mode de consommation : acheter moins mais mieux !
    Merci pour cet article et pour ton blog que j'aime bcp lire !!

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    1. Je suis d'accord avec toi ! Pour le sport c'est un peu galère... Pour ma part je n'ai pas encore eu besoin de changer mon équipement de sport (oui je me traine les mêmes trucs depuis des années, no shame).
      Merci pour ton commentaire !

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  8. Je viens d'écouter l'émission et je trouve qu'encore une fois, on prend les gens pour des imbéciles qui n'ont aucun libre arbitre. "Il faut se battre pour résister à la pub." Sérieusement, on n'est pas capable de raisonner ? On fait tout ce qu'on nous dit de faire bêtement, sans réfléchir ?
    Ce n'est pas "impossible" de consommer moins, de recycler, de moins gaspiller, d'acheter d'occasion ou de seconde-main. La preuve avec toutes les personnes qui le font déjà.
    On a l'impression que la surconsommation est un comportement normal parce que socialement admis et que par conséquent, changer est inutile et que même ça ne fait pas envie.
    Cela dit, la deuxième partie de l'émission pose des questions simples que des personnes qui ne sont pas sensibilisées à la mode éthique pourraient se poser, comme la question du prix et des classes sociales.
    En revanche, le sexisme et le paternalisme du journaliste est insupportable...
    Sinon, je découvre tout juste ton blog et j'ai vraiment hâte de le lire !

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    1. Merci pour ton commentaire ! Comme tu dis, dans cette émission, on considère l'être humain comme un consommateur sans valeur ni capacité de réflexion !
      "On a l'impression que la surconsommation est un comportement normal parce que socialement admis" ! C'EST EXACTEMENT ÇA ! MERCI !

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  9. Je n'ai pas entendu cette émission mais je pense que j'aurais réagi de la même manière que toi aux exemples que tu donnes. J'en ai un peu marre d'entendre les gens se chercher des excuses pour ne pas bouleverser leur quotidien quand c'est celui de millions de personnes qui est tiré toujours davantage vers le bas. Je trouve dommage qu'une émission possédant tant d'auditeurs traite avec aussi peu de sérieux un sujet aussi sensible, quand on contraire, il ne serait pas bien compliqué d'y apporter un peu de fond et pourquoi pas, de faire des émules...

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  10. Je commençais à être super emballée par l'idée de ce podcast ... heureusement que tu nous en fais un retour sincère !
    Je trouve la comparaison avec le Nutella hallucinante de mauvaise foi (et symptomatique de la mauvaise foi dont tu parles) : presque tous les supermarchés se sont mis à faire une version sans huile de palme, parce qu'il y a une demande grandissante. Ca a de l'effet quand tous les consommateurs décident de fonctionner différemment.
    Comme Moïra, je découvre ton blog (et je suis ravie) !

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  11. pas très étonnant venant d'Europe 1. cela aurait été surprenant si le sujet avait été traité en profondeur.
    Mais comme tu dis dommage que les journalistes ne prennent pas la mesure de leurs paroles...

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  12. J'ai écouté l'émission et c'est vrai que c'est amené un peu trop sur le ton de la plaisanterie. C'est dommage car je ne vois pas pourquoi inviter cette personne si c'est pour ne pas traiter le sujet un minimum, même si vu le temps de l'émission ça fait juste. C'est tourner en ridicule les idées du collectif.

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    1. Merci Stéphanie, oui je pense qu'en fait l'émission ne se prêtait pas à ce sujet...

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Merci pour vos commentaires ! C'est toujours un plaisir de vous lire. Et si vous avez une question, j'y répondrai avec plaisir :-)